L'essence s'enflamme brusquement lorsque les proportions stoechiométriques sont réunies, un volume d'essence pour 14 volumes d'air, dans ces conditions le mélange est dit détonnant (comme lorsqu'on mélange un tiers d'oxygène et deux tiers d'hydrogène) c'est à dire que l'inflammation se produit en un temps très court qui tient plus de l'explosion.
Le gasoil lui se consumme, même si c'est très rapidement aussi, dans un excès d'air tout simplement, il n'est pas nécessaire de respecter un rapport précis des volumes gasoil/air pour avoir la combustion, plus il y a d'air et mieux ça brûle.
Mais je reconnais volontier que je ne travaille que sur le diesel donc c'est sur l'essence que vous pourrez me caler le plus facilement.
J'en étais où ?
Ah oui, l'indice de cétane qui donne la facilité d'inflammation du caburant.
Pour tous les composés qui ont comme le gazole untemps incompressible avant de s'enflammer, on a décidé de créer une échelle qui donne sa facilité d'autoinflammation. Pour ce faire on a pris le cancre de la liste avec un nom barbare, le méthylnaphtalène, on lui colle arbitrairement zéro sur notre échelle tellement il met longtemps avant de s'enflammer. l'opposé, on a le cétane justement, c'est le chouchou, rapide comme l'éclair à s'enflammer, on lui colle 100 sur notre échelle. Pour connaître maintenant l'indice de notre gazole on mélange différentes proportions de cétane et de méthylnaphtalène, quand on obtient un mélange qui s'enflamme avec le même délai d'autoinflammation que notre gazole, mettons 48 % de cétane, on donne à notre gazole l'indice 48.
Donc plus l'indice est haut et plus il s'enflamme vite, l'indice 100 est le cétane pur, plus l'indice est bas et plus le fuel est lourd et difficile à s'enflammer.
En Europe en général et en France en particulier l'indice de cétane du gazole aux pompe est de 48 à 50. Mais dans certains pays étrangers comme le Maghreb ou les Etats Unis par exemple, l'indice de cétane est nettement plus faible et on verra que ça joue énormément sur l'efficacité, la pollution et la longévité des moteurs.
Ah je viens de mettre la main sur l'article et je dois déjà éditer un
erratum : le délai d'autoinflammation est bien propre à chaque fuel d'indice de cétane donné mais il décroit avec la température contrairement à ce que j'ai dit.
Pour le gazole français d'indice 50 :
- à 370°C le délai est plus long que le cycle moteur, il n'y a donc pas inflammation
- à 420°C délai = 1.3 ms
- à 480°c délai = 0.9 ms
Au delà de 600°C délai de moins de 0.4 ms
On conçoit donc bien que cette rapidité à s'enflammer est très importante car un délai trop court mélange le gasoil "trop bien" avec l'air présent et l'inflammation trop brutale libère toute son énergie d'un coup avec une très forte montée en pression qui crée les fameux cognements du moteur diesel.
A contrario un délai trop long permet au gasoil injecté d'atteindre les parois du cylindre, ce gasoil brûle alors très mal et génère des hydrocarbures imbrûlés particulièrement polluants.
C'est un problème importants des moteurs sur les véhicules de tourisme, comme ils tournent jusqu'à 4500 tours, le délai d'autoinflammation de l'ordre de la milliseconde représente un angle de rotation d'environ 27 degrés de vilebrequin, c'est plus de la moitié de la durée totale de l'injection.
Voilà pourquoi le moteur à injection directe par exemple a été développé sur les poids lourds et les très gros diesel longtemps avant les véhicules de tourisme, les gros moteur tournant nettement plus lentement la gestion du délai d'autoinflammation est moins critique car il représente moins de temps par rapport au cycle complet du piston.
Bon à suivre hein
