Je découvre cette discussion ... faut dire que les membres du forum sont nombreux et donc très prolifiques et qu'il quasiment impossible de lire l'ensemble des messages même en venant tous les jours sur le forum !
Depuis le 15 novembre de cette année, j'ai déjà parcouru plus de 500km sur routes enneigées et verglacées pour aller au travail (je passe par un col à 1850m d'altitude et le Conseil Général de Haute-Savoie a décidé de n'utiliser que le minimum de sel pour le déneigement des routes) et je suis tout à fait d'accord avec ce qu'ont dit les contributeurs, en particulier Zounours63: anticiper, anticiper et encore anticiper ! et pas que sur la route: en ce moment, je pars 20min plus tôt pour ne jamais être obligé de rouler plus vite que de raison.
Il faut anticiper sa trajectoire, notamment à l'approche d'une épingle et surtout avec un 4x4 enclenchable sans diff central, car l'AV aura systématiquement tendance à aller tout droit, poussé par les roues AR et c'est encore plus flagrant avec un châssis long. Moi, je laisse l'auto rentrer sagement dans l'épingle, gaz coupés, et dès que j'ai passé les 2/3 du virage, je réaccélère un tout petit peu pour faire glisser l'AR et me retrouver les 4 roues bien en ligne. Idem à la descente mais l'accélération est beaucoup plus difficile à doser sous peine de tête-à-queue ! Si la voiture part à la descente, autant que possible, je la laisse glisser sans toucher les commandes, voire en braquant un peu pour finir le tête-à-queue. Ben oui, je ne cherche pas à contrebraquer, c'est pas une plate et les 2T de l'engin auront vite pris de l'élan si on reste dans la pente. Un tête-à-queue vous ramène dans le sens de la montée et la voiture s'arrête toute seule ! A la montée, le contre-braquage s'impose bien évidemment avec un léger coup d'accélérateur pour reprendre de l'adhérence !
Il faut anticiper les trajectoires des autres conducteurs et leur laisser suffisamment de marge de manoeuvre pour éviter de leur rentrer dedans s'ils font une glissade ou un tête-à-queue (encore vécu vendredi matin où une brave dame s'est laissé piéger à la sortie d'une épingle en descente, nan nan, pas rentré dans la dame, juste arrêté et attendu qu'elle se remette dans le droit chemin).
Il faut anticiper bien plus que de coutume les freinages - de tous petits coups de frein en effleurant à peine la pédale ET très fréquemment pour ne pas prendre trop d'élan. Un excellent exercice que j'ai eu l'occasion de pratiquer - pour le fun - dans ma jeunesse: conduire avec une cuvette d'eau fixée sur le capot et avec interdiction de faire gicler l'eau ... tout en essayant de rouler normalement !
Pour moi, la conduite sur neige (sur routes, pas sur pistes) se pratique en étant le plus décontracté possible - on quitte l'anorak, ya du chauffage dans la voiture ! - et en laissant la voiture vivre un peu sa vie tant qu'elle va dans la direction qu'on a choisie. Inutile de se cramponner au volant à la moindre glissade ! Inutile d'accélérer comme un fou, nos engins ont suffisamment de couple pour monter avec un rapport supérieur à celui qu'on aurait utilisé en été. Pour ma part, je roule le plus possible en 4e et je n'utilise la 2e qu'à la sortie des épingles un peu raides. J'essaie également de rester le plus longtemps possible en 2RM (comme Snow Lover) car ça oblige à conduire beaucoup plus souplement et sans à-coups.
Quant à la descente, et ben, même si j'ai l'air quelquefois ridicule avec mon 4x4, s'il le faut, je reste bien sagement derrière les plates car s'il faut doubler, il faut accélérer et ensuite, nécessairement il faudra freiner ! Et puis si une plate me double, tant mieux. Je souhaite juste de ne pas avoir à m'arrêter qq km plus loin pour le sortir du fossé ! Il m'arrive assez souvent, quand la route est franchement mauvaise la nuit car plus déneigée, de faire des pointes/moyennes à ........ 30 km/h pour redescendre les 30km à parcourir pour rentrer chez moi !
Pour les chaînes, je dirais que tant que l'on reste sur les routes d'accès aux stations (petites ou grandes), c'est quasiment inutile car si un véhicule 4RM ne parvient pas à passer, il y a peu de chances que les autres y parviennent ! De plus, les gendarmes n'arrêtent quasiment jamais un 4x4, ils ont déjà bien à faire avec les touristes qui veulent absolument rejoindre leur appartement de location avec leurs pneus été ! En 4x4, il faut aussi avoir 2 paires de chaînes car l'article Rj'séplukombien du Code de la Route impose de chaîner les roues motrices (confirmé par les gendarmes en poste dans la station où je travaille). 4 bons pneus neige vous emmèneront déjà bien loin. 4 pneus cramponnés (style A/T) aussi mais le freinage sera beaucoup plus délicat. Au fait, en 27 ans d'utilisation de 4x4, j'ai jamais utilisé de chaînes et monté une seule fois des vrais pneus neiges il y a 2 ans ... Cette année, j'ai monté des Toyo OPAT sur mon D22. J'essaierai de vous en parler quand ils seront un peu mieux rodés et que j'aurai un peu analysé leur comportement sur neige et glace.
Pour en - presque - finir avec ce long message, pour moi aussi, la voiture la plus efficace que j'ai eue sur la neige était une Panda 4x4 (les anciennes). La Lada était pas mal aussi et j'ai eu une petite Subaru Justy (les anciennes) avec un potentiel intéressant mais malheureusement trop peu puissante pour se faire plaisir sur la neige (65 chevaux pour 1300kg et 4x4 permanent)
Et enfin, et c'est un conseil qui peut se donner à tout le monde - même si je ne l'ai jamais fait - si vous en avez la possibilité, allez prendre 1h de cours de conduite sur glace si cette activité vous est proposée. De l'avis de tous ceux que je connais et qui ont essayé, on en sort beaucoup plus confiant et plus apte à maitriser son véhicule en cas de glissades imprévue.
Merci de m'avoir lu jusqu'au bout !
