Au Japon, On Ne Plaisante Pas Ave La QualitÉ
Posté : mer. août 09, 2006 7:20 pm
Au plus fort de sa course pour devenir le premier constructeur automobile mondial, le japonais Toyota Motor a subi un rude coup pour sa réputation avec l’éclatement d’un scandale de dissimulation de défauts techniques. Dans la plus pure tradition nippone, le PDG de Toyota Katsuaki Watanabe s’est longuement prosterné devant les caméras de télévision, en présentant ses "profondes excuses pour avoir inquiété les consommateurs". Le leader nippon de l’automobile est soupçonné d’avoir passé sous silence pendant huit ans un problème affectant la barre d’accouplement, qui assure la liaison entre les deux roues directrices, du modèle de 4x4 Hilux Surf. Ce défaut a été à l’origine en août 2004 d’un accident de la circulation qui a fait cinq blessés à Kumamoto, dans le Sud du Japon. Deux mois plus tard, Toyota annonçait le rappel de 330 000 Hilux Surf, en expliquant que des défauts avaient été relevés sur onze véhicules. Selon les médias nippons, le gouvernement pourrait imposer des sanctions administratives à Toyota, la première entreprise du pays. Cette affaire a de quoi préoccuper Toyota, dans un pays où les consommateurs sont particulièrement à cheval sur la qualité et la sécurité des produits. En 2004, un scandale de défauts techniques dissimulés pendant des années avait fait vaciller le quatrième constructeur nippon, Mitsubishi Motors. Le président Watanabe a reconnu que "le nombre de rappels de véhicules s’était accru ces dernières années". Le PDG a aussi invoqué la complexité croissante des technologies équipant les automobiles, les temps d’utilisation plus longs qui nuisent à la qualité et la standardisation des pièces de véhicules.